Combien coûte l’épilation laser ? Tarifs détaillés et calcul du coût réel
C’est l’une des premières questions que se posent les patientes et les patients qui envisagent un protocole d’épilation laser : combien cela va-t-il …
L’hirsutisme — c’est-à-dire l’apparition chez la femme d’une pilosité de type masculin — touche environ 5 à 10 % des femmes en âge de procréer, soit plusieurs centaines de milliers de patientes en France. Loin de se résumer à un simple problème esthétique, c’est un véritable trouble médical dont les conséquences psychologiques, sociales et professionnelles peuvent être considérables. Anxiété, perte d’estime de soi, évitement des relations intimes, retrait social, dépenses considérables en épilation conventionnelle : l’hirsutisme pèse lourdement sur la qualité de vie de celles qui en souffrent.
Pendant longtemps, ces patientes se voyaient proposer des solutions partielles et frustrantes. Aujourd’hui, l’épilation laser médicale a transformé la prise en charge de l’hirsutisme, à condition d’être intégrée dans une approche médicale globale, en coordination avec un gynécologue ou un endocrinologue.
Dans cet article, le Dr Victor Médard de Chardon, médecin responsable du Centre d’épilation laser de Cannes, détaille la prise en charge complète de l’hirsutisme : diagnostic, bilan hormonal, traitement médical, place de l’épilation laser, protocole adapté, et coordination pluridisciplinaire.
La première étape de toute prise en charge consiste à poser le bon diagnostic, car deux entités médicales différentes peuvent se cacher derrière une « pilosité excessive ».
L’hirsutisme désigne strictement le développement chez la femme d’une pilosité de type masculin dans des zones androgéno-dépendantes : lèvre supérieure, menton, joues, cou, ligne médiane du thorax, aréoles mammaires, ligne abdominale, dos, fesses, intérieur des cuisses. Ces zones possèdent des follicules pileux sensibles aux hormones androgènes, qui transforment les duvets fins et clairs en poils terminaux épais, foncés et solidement ancrés. L’hirsutisme est, par définition, lié à un déséquilibre hormonal ou à une sensibilité accrue des follicules aux androgènes.
L’hypertrichose, à l’inverse, désigne un excès de pilosité non androgéno-dépendant, généralement sur l’ensemble du corps. Elle peut être constitutionnelle (familiale ou ethnique : les femmes d’origine méditerranéenne, maghrébine ou indienne ont en moyenne une pilosité plus dense, sans déséquilibre hormonal), médicamenteuse (corticoïdes, minoxidil, ciclosporine), ou plus rarement secondaire à une affection médicale.
Cette distinction est fondamentale car la prise en charge diffère totalement : un hirsutisme vrai nécessite un bilan hormonal et souvent un traitement médical, là où une hypertrichose constitutionnelle relève simplement d’une prise en charge épilatoire.
Pour évaluer la sévérité de l’hirsutisme, les médecins utilisent le score de Ferriman-Gallwey, un outil clinique simple qui cote la pilosité sur neuf zones du corps (lèvre supérieure, menton, thorax, haut du dos, bas du dos, haut de l’abdomen, bas de l’abdomen, bras, cuisses) de 0 (pas de poils) à 4 (pilosité de type masculin franc). Le score total varie de 0 à 36.
Ces seuils doivent être ajustés à l’origine ethnique : un score de 6-7 peut être normal chez une femme méditerranéenne ou indienne, alors qu’un score de 5 chez une femme d’origine asiatique de l’Est doit faire évoquer un hirsutisme.
Au-delà du score, le vécu de la patiente prime : une femme qui éprouve une gêne majeure à quelques poils sur le menton mérite une prise en charge au même titre qu’une autre avec un score plus élevé. La détresse subjective ne se cote pas, mais elle se prend en charge.
L’hirsutisme n’est pas une maladie en soi, mais le symptôme d’un déséquilibre hormonal sous-jacent ou d’une sensibilité accrue des follicules aux androgènes.
Le SOPK est de très loin la cause la plus fréquente d’hirsutisme : il en représente 70 à 80 % des cas. Cette affection touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, ce qui en fait l’une des pathologies endocriniennes les plus répandues au monde.
Le SOPK associe au moins deux des trois critères de Rotterdam (2003) :
L’hyperplasie congénitale des surrénales, dans sa forme non classique à révélation tardive, est due à un déficit enzymatique (le plus souvent en 21-hydroxylase) qui entraîne une production excessive d’androgènes surrénaliens. Elle représente environ 2 à 5 % des hirsutismes, plus fréquente chez les femmes d’origine juive ashkénaze ou méditerranéenne.
Beaucoup plus rares (moins de 1 % des hirsutismes) mais à ne jamais manquer, les tumeurs des ovaires ou des surrénales sécrétant des androgènes peuvent provoquer un hirsutisme d’apparition rapide, sévère, parfois associé à une virilisation (raucité de la voix, hypertrophie clitoridienne). Tout hirsutisme d’apparition brutale chez une femme adulte doit faire éliminer cette cause par un bilan adapté.
Le syndrome de Cushing (hypercortisolisme) peut s’accompagner d’un hirsutisme, généralement associé à d’autres signes évocateurs (vergetures pourpres, faciès lunaire, obésité tronculaire). Une hyperprolactinémie chronique peut également entraîner un hirsutisme modéré, souvent associé à une galactorrhée et à des troubles du cycle.
Dans environ 5 à 20 % des cas, aucune cause hormonale identifiable n’est retrouvée malgré un bilan complet. On parle alors d’hirsutisme idiopathique, lié à une sensibilité accrue des follicules pileux aux androgènes, sans hyperandrogénie biologique. Ces patientes répondent bien à la prise en charge épilatoire, parfois associée à des anti-androgènes.
Plusieurs traitements peuvent induire ou aggraver un hirsutisme : anabolisants stéroïdiens, testostérone et dérivés, danazol, acide valproïque, certains progestatifs androgéniques. Le passage à un autre traitement, lorsque c’est possible, peut faire régresser le symptôme.
Avant d’entamer un protocole d’épilation laser pour hirsutisme, un bilan médical complet doit être réalisé, idéalement par un gynécologue ou un endocrinologue.
Il recueille les antécédents familiaux (mère, sœurs avec SOPK, hirsutisme, infertilité), l’historique du cycle menstruel, l’âge d’apparition des poils et leur vitesse de progression, les traitements antérieurs ou en cours, les signes associés (acné, séborrhée, alopécie, troubles du poids, troubles de la fertilité, virilisation), le score de Ferriman-Gallwey documenté, et un examen général (IMC, tension artérielle).
Un bilan hormonal en début de phase folliculaire (J3-J5 du cycle) évalue :
Réalisée idéalement en début de cycle, elle visualise les ovaires, recherche les critères morphologiques du SOPK, et permet d’éliminer une lésion ovarienne suspecte.
C’est seulement à l’issue de ce bilan que l’on peut établir un diagnostic précis et proposer une prise en charge adaptée à la cause. Au Centre laser de Cannes, nous demandons systématiquement à nos patientes consultant pour hirsutisme d’avoir réalisé ce bilan, ou nous les adressons à un confrère gynécologue ou endocrinologue avant le début du protocole.
L’épilation laser, aussi performante soit-elle, ne traite pas la cause de l’hirsutisme. Elle agit sur les poils existants, mais ne modifie en rien le déséquilibre hormonal qui les fait apparaître. Sans traitement de la cause, de nouveaux poils continueront à pousser tout au long du protocole, transformant les follicules duvets en follicules terminaux et obligeant à des séances d’entretien indéfinies.
C’est pour cette raison que le traitement hormonal est la base de la prise en charge de l’hirsutisme vrai, et que l’épilation laser vient en complément, et non en remplacement.
Les pilules œstroprogestatives constituent souvent le traitement de première intention. Elles augmentent la SHBG (qui se lie à la testostérone et réduit sa fraction libre), diminuent la production ovarienne d’androgènes, et réduisent dans une moindre mesure la production surrénalienne. Les pilules contenant un progestatif à effet anti-androgénique (drospirénone, dienogest, acétate de cyprotérone) sont privilégiées. L’efficacité sur la pilosité est progressive : 6 à 9 mois sont nécessaires pour observer une réduction significative.
La spironolactone, à l’origine un diurétique, est l’anti-androgène le plus utilisé dans le monde pour traiter l’hirsutisme. Aux doses de 100 à 200 mg par jour, elle bloque l’action de la testostérone au niveau des récepteurs des follicules pileux. Elle nécessite une contraception fiable (risque de féminisation d’un fœtus mâle) et son efficacité s’apprécie au bout de 6 à 9 mois.
L’acétate de cyprotérone est un anti-androgène puissant, parfois utilisé seul ou en association. Son utilisation prolongée nécessite une surveillance hépatique et a fait l’objet de restrictions récentes par les autorités sanitaires en raison d’un risque rare de méningiome. Il reste indiqué dans les hirsutismes sévères, sous supervision spécialisée.
La metformine est largement prescrite dans le SOPK avec insulinorésistance, sous la responsabilité du médecin traitant ou de l’endocrinologue. En améliorant la sensibilité à l’insuline, elle réduit indirectement la production ovarienne d’androgènes. Son effet sur l’hirsutisme est modeste mais réel, surtout associé à une perte de poids.
L’éflornithine (Vaniqa®) est une crème topique qui ralentit la pousse des poils en inhibant une enzyme du follicule. Elle ne détruit pas le follicule, mais peut être utile en complément, notamment sur le visage. Son effet s’épuise à l’arrêt du traitement.
Certaines situations contre-indiquent ou limitent l’usage des traitements hormonaux : antécédents thromboemboliques, migraines avec aura, tabagisme important, désir de grossesse, allaitement, ménopause. Chez ces patientes, l’épilation laser prend une place encore plus importante comme traitement principal, mais le suivi médical reste indispensable.
Si le traitement hormonal est efficace, à quoi sert l’épilation laser ? La réponse tient en plusieurs points.
Les anti-androgènes et les contraceptifs empêchent la transformation de nouveaux follicules en poils terminaux et ralentissent la pousse, mais ils ne détruisent pas les follicules pilaires déjà activés. Une patiente sous spironolactone et œstroprogestatifs depuis 12 mois constatera un ralentissement de la repousse, des poils plus fins, mais les poils existants resteront présents tant qu’ils ne seront pas détruits par un moyen physique.
Le traitement hormonal seul demande 6 à 12 mois pour montrer une amélioration significative — un délai très long sur le plan psychologique. L’épilation laser donne des résultats visibles dès les premières séances, ce qui change radicalement l’expérience de la patiente et l’aide à tenir le traitement hormonal sur la durée.
Là où le traitement hormonal agit sur l’expression du poil, le laser détruit le follicule pileux lui-même. Sur les zones traitées efficacement, les poils ne reviennent pas, même si l’équilibre hormonal venait à se modifier dans le futur (grossesse, ménopause).
Le traitement hormonal réduit l’apparition de nouveaux poils, et le laser élimine les poils existants. La combinaison des deux permet d’obtenir un résultat bien supérieur à chacun pris isolément, avec une stabilité à long terme beaucoup plus satisfaisante.
L’épilation laser pour hirsutisme n’est pas tout à fait identique à une épilation laser esthétique standard. Plusieurs particularités méritent d’être connues.
De nombreuses patientes hirsutes présentent des phototypes IV à VI (femmes méditerranéennes, maghrébines, indiennes, latines, africaines), pour des raisons à la fois génétiques et statistiques. Le laser Nd:YAG (1064 nm) est dans ces cas obligatoire, comme nous l’avons détaillé dans notre article dédié : Épilation laser et phototypes foncés.
Pour les patientes à phototype I à III, le laser Alexandrite (755 nm) est utilisé, à condition que la peau ne soit pas bronzée.
C’est un risque réel et spécifique à connaître : sur certaines zones du visage féminin (joues, menton, cou, ligne de mâchoire), particulièrement chez les patientes à peau foncée et terrain hormonal d’hirsutisme, le laser peut stimuler des follicules dormants au lieu de détruire ceux visés. Le résultat est l’apparition de nouveaux poils sur des zones initialement peu pileuses.
Ce phénomène, appelé stimulation pilaire paradoxale ou rebond pilositaire, concerne environ 3 à 10 % des patientes traitées sur le visage. Il est lié à :
C’est l’un des points qui justifie pleinement la prise en charge médicale de l’épilation laser pour hirsutisme : un médecin formé connaît ce risque, l’évalue avant traitement, et adapte le protocole pour le minimiser.
Le protocole laser pour hirsutisme nécessite plus de séances qu’une épilation esthétique standard. À titre indicatif :
Les séances d’entretien sont la règle, et non l’exception. Tant que persiste la cause hormonale (donc à vie pour le SOPK, et au moins jusqu’à la stabilisation hormonale pour l’hyperplasie surrénalienne), de nouveaux follicules peuvent être recrutés. Une à deux séances par an, en moyenne, suffisent généralement à maintenir le résultat à long terme.
Pour comprendre plus largement le nombre de séances en épilation laser, consultez : Combien de séances d’épilation laser sont vraiment nécessaires ?.
Pour les poils résiduels ou les poils non répondeurs au laser (poils fins, peu pigmentés), l’épilation électrique par électrolyse trouve une place de choix en finitions. Combinée au laser pour la majorité de la pilosité, elle permet d’obtenir un résultat optimal sur les zones les plus exposées. Découvrir notre prise en charge en épilation électrolyse.
C’est l’une des particularités importantes de cette indication : contrairement à l’épilation purement esthétique, l’hirsutisme est une pathologie médicale reconnue, ce qui ouvre la possibilité d’une prise en charge partielle par certaines complémentaires santé.
À ce jour, la Sécurité sociale française ne prend pas en charge l’épilation laser, même pour hirsutisme. L’acte n’est pas inscrit à la nomenclature des actes médicaux remboursables. Cette situation est régulièrement débattue mais n’a pas évolué.
En revanche, certaines complémentaires santé acceptent une prise en charge partielle pour les hirsutismes :
Sévères et documentés par un bilan hormonal anormal
Liés à un SOPK ou une hyperplasie surrénalienne diagnostiqués
Associés à des conséquences psychologiques documentées
Avec un certificat médical détaillant le diagnostic, la sévérité et la nécessité du traitement
La démarche habituelle :
1. Bilan médical complet (gynécologue, endocrinologue) confirmant le diagnostic
2. Certificat médical précisant l’indication et le caractère médical du traitement
3. Devis détaillé établi par le centre laser
4. Soumission à la complémentaire santé pour évaluation
5. Si accepté, demande de prise en charge anticipée ou remboursement a posteriori
Au Centre laser de Cannes, nous établissons sur demande tout document médical utile à votre dossier auprès de votre complémentaire santé. Cette démarche, bien que non systématiquement aboutie, mérite d’être tentée.
L’hirsutisme n’est pas un simple problème esthétique : c’est une souffrance psychologique réelle, souvent profonde, fréquemment sous-estimée par l’entourage. Les études cliniques ont documenté chez les femmes hirsutes :
Prendre en charge l’hirsutisme, ce n’est pas seulement traiter une pilosité : c’est redonner à la patiente une qualité de vie et lui permettre d’aborder son corps avec sérénité.
La prise en charge optimale de l’hirsutisme s’inscrit dans un parcours pluridisciplinaire :
Au Centre laser de Cannes, nous nous inscrivons pleinement dans cette logique de collaboration pluridisciplinaire, en communiquant volontiers avec votre gynécologue ou endocrinologue traitant pour ajuster ensemble votre protocole.
Si vous présentez une pilosité que vous considérez excessive, n’attendez pas pour consulter. Une consultation médicale permet de poser le bon diagnostic, d’orienter le bilan vers les bonnes investigations et de bâtir avec vous un plan de prise en charge global. L’épilation laser, en complément d’un éventuel traitement hormonal, peut transformer votre quotidien.
Le Centre d’épilation laser du Dr Victor Médard de Chardon à Cannes est équipé des deux longueurs d’onde laser de référence (Alexandrite et Nd:YAG) et accueille régulièrement des patientes pour cette indication médicale. Nous travaillons en coordination étroite avec gynécologues et endocrinologues de la région.
📍 Adresse : 101 rue d’Antibes, 06400 Cannes 📞 Téléphone : +33 (0)4 93 68 86 68 ✉️ Email : secretaire@docteurmedarddechardon.com
Pour aller plus loin :
Épilation laser : le guide complet
Épilation laser et phototypes foncés
Épilation laser et folliculite, poils incarnés, pseudofolliculite
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